Pourquoi toujours des vampires? Pourquoi pas des ogres?

Chronique

C'est l'histoire d'Aluc qui, me voyant empiler du PQ, a rouspété que je foutais que dalle.

Nan, j'déconne. Quoique.

C'est l'histoire d'une meuf qui est tombée raide dingue du mec qui lui a fourré sa langue dans le museau.

C'est donc un nouveau petit studio créé en 2016, sous le nom de Platinium Vision (Servamp, Saiyuki Reload Blast) qui nous a sorti au printemps dernier l'adaptation animée de Devils Line dont le manga d'Hanada Ryo a vu le jour en 2013 aux éditions Kodansha. En France, vous trouverez le manga aux éditions Kana et l'anime chez ADN.

Rares sont les fois où j'ose regarder l'adaptation animée d'un manga que j'ai lu auparavant.

 

Ouais, nan, j'ai rien d'autre à dire, la review est terminée, allez zou! Ah. Attendez, je sens une aura noire émaner des coulisses. Aherm. Donc, nous disions…?

 

Pas tout à fait du Twilight, mais presque.

Edouard/Edward? Bref, le vampire qui scintille au soleil a au moins le mérite de savoir enlever les soutifs. Nous avons donc une héroïne naïve,  un héros tourmenté et badass, des personnages secondaires qui arrivent à tirer leur épingle du jeu et à attirer l'attention du public tant bien que mal, le tout sur un fond thriller fantastique qui puise sa force dans le portrait d'une société discriminatrice.

En dépit d'un premier épisode longuet, pour ne pas dire interminable, qui s'efforce de poser les bases de l'univers, le gros de la problématique et présenter les différents types de personnages que nous verront évoluer (très inégalement) tout au long de la série, l'anime n'est, en soi, pas si mal.

Sous ses airs Tokyo Ghoulesque et malgré visiblement un trop gros budget (sinon comment appeler cette manie qu'ont les studios d'animation de nous coller de la 3D à tout va?), Devils Line se démarque par les thématiques abordées. Action et romance s'y mêlent avec une certaine justesse et la génération qui a grandi avec Vampire Knight trouvera peut-être son compte dans cette approche plus mature du vampirisme.

 

Tsukasa. Prête moi de l'anticernes. S'il te plaît. Moi aussi, je veux être un héros d'anime sexy.

Politicos, Flicos, manifs et vampiros

Devils Line met en scène notre société actuelle et dépeint les conflits d'intérêts que la plupart de nos pays démocratiques ou non ont traversé ou traversent. Lorsque Tsukasa, jeune étudiante, rencontre Anzai, elle ne se doute pas que le jeune homme qui a arrêté son ami est en réalité une créature destinée à se nourrir de sang pour survivre. Les bases de l'univers sont en réalité assez floues, jusqu'à à peu près la moitié de l'anime. Il est difficile de savoir si l'existence des vampires est soupçonnée, camouflée, imaginée ou véritablement dévoilée. Le doute plane durant plusieurs épisodes et les pistes sont si brouillées que l'attention du spectateur se perd parfois dans les méandres du contexte, délaissant le fil de l'histoire. Au-dessus du scénario planent des zones d'ombres qui ne sont pas une seule fois abordées, et c'est dommage à la fois terriblement frustrant et agaçant.

Mis à part ça, Devils Line permet de "jeter un œil" à la politique japonaise. Tout en dissimulation, sans mensonge mais simple omission, nous assistons à la fois aux causalités et conséquences des décisions, aux points de vue des forces de l'ordre pro et anti vampires. Il s'agit d'un conflit où il est difficile de discerner le camp des gentils de celui des méchants, tant les arguments des uns et des autres se valent. L'univers de Devils Line est un univers travaillé par plusieurs aspects, qu'ils soient politiques, scientifiques ou moraux. Il est question de tolérance et de racisme, de mal-être et de violence comme d'acceptation et d'amour. Tantôt fleur bleue, tantôt douloureux, Devils Line entraîne le spectateur dans une enquête sombre, où les monstres les plus terribles ne sont pas forcément ceux auxquels on pense.

 

Le sweat le plus cynique au monde.

Ils ont maltraité le manga, ces sala...mandres

Ou pas. En toute honnêteté, cela aurait pu être pire bien que certaines scènes importantes à défaut d'être supprimées, sont devenues à peine quelques évocations ou ont été si détournées qu'elles en ont perdu tout leur sens premier.

Côté chara-design, il est appréciable de voir le personnage de Tsukasa, qui n'est ni d'une beauté transcendante ni laide mais plutôt une fille quelconque subir un changement physique au cours de l'histoire. Loin du "je me coupe les cheveux pour montrer ma détermination ou commencer une nouvelle vie" habituel, la marque de Tsukasa joue un véritable rôle dans la perception nouvelle du monde qu'elle doit appréhender, tout comme elle devient un rappel brutal pour Anzai. Les vampires quant à eux sont plutôt travaillés. Pas de beaux gosses aux canines pointues, mais des cosplayeurs de Tokyo Ghoul passablement hideux qui apportent un plus à l'ambiance, même si certain(e)s ont l'air plus gâté(e)s que d'autres.

En bref, toute l'épreuve de cet anime réside dans le premier épisode. C'est comme un gros cachet à avaler. Coupez le en deux, avalez le avec une bonne rasa de liqueur de litchi, et vous passerez un agréable moment par la suite!

 

C'est le propre de la femme de savoir faire deux choses à la fois!

 

Notation

OST ♥♥♡♡♡

Emotion ♥♥♥♡♡

Scénario ♥♥♥♡♡

Graphisme ♥♥♥♡♡

Personnages ♥♥♥♡♡

Synopsis :

Tsukasa, une jeune étudiante de Tokyo, se fait attaquer par un vampire hors de contrôle. Fort heureusement pour elle, elle est sauvée de justesse par Anzai, un policier mi humain, mi vampire qui utilise ses facultés surnaturelles pour réprimer les vampires qui n’arrivent pas à résister au sang humain. Désormais sous sa protection, Tsukasa et Anzai vont peu à peu se rapprocher. Néanmoins, le monde ne semble pas prêt d’accepter leur relation et Anzai arrive de moins en moins à contenir ses pulsions de vampire…

Genre : Romance, Action, Drame, Thriller, Fantastique, Amour & Amitié

Trailer
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